Au quatrième jour des défilés milanais de prêt-à-porter féminin pour l'été
prochain, les couturiers hésitent entre des mises simples et confortables aux
tons neutres rappelant le vestiaire masculin et une mode joyeuse et pimpante
très colorée.
Chez Bottega Veneta, le directeur créatif Tomas Maier opère un retour à la
simplicité, sans renoncer pour autant aux matières luxueuses et aux
constructions complexes, avec des mises décontractées, parfois un brin sportives
ou masculines, assorties à des chaussures plates.
Un manteau-tricot en coton à grosses mailles s'enfile sur de fins maillots de
bain, une veste en lin ou un trench en suède ultra fin couleur glace se porte à
même des leggings douillets avec un top molletonné en jersey, embelli par un
grand noeud. Des robes Vichy tournantes et leur cardigan assorti sont cintrés à
la taille par une ceinture dans le même tissu à petits carreaux.
Des robes et des tailleurs pantalons sont taillés avec élégance dans un denim
sombre, utilisant les coupes en biais ou assemblant des bandes de tissus
différents pour créer du mouvement.
(photo: robe de soirée)
Très attendu pour son premier défilé chez Jil Sander, Roberto Paglialunga a
été chaudement applaudi. Le styliste italien parvient à préserver le style
minimaliste de la marque allemande tout en lui redonnant un coup de jeune avec
une touche un peu plus féminine, même si paradoxalement il puise dans le
registre masculin pour construire sa collection.
D'austères gilets et pulls marine ou bordeaux à col rond s'enfilent sur des
chemises bleu ciel aux manches retroussées au-dessus du coude, et se portent
avec des pantalons, de larges bermudas ou des jupe-portefeuille en gabardine
sombre, donnant à l'ensemble un petit air d'uniforme de contrôleur de train.
De légers blousons sont froncés à la taille. Certaines jupes et vestes sont
proposées dans de jolis cuirs à l'aspect un peu usé. Les sandales se portent sur
des guêtres en nappa stretch, qui plissent façon chaussettes d'homme.
Changement de registre chez Roberto Cavalli. Décolletés plongeants, dos et
ventre nus, robes nouées autour du cou découvrant largement les épaules... Le
styliste toscan semble parier sur un été 2015 décidément plus chaud, que celui
qui vient de s'achever, nous emmenant en vacances avec une collection très
estivale et punchy.
De maxi robes entièrement plissées à la façon des éventails explosent de
couleurs vives (orange intense, turquoise, jaune safran et vert) dans un
gracieux mouvement aérien accentué par le balancement de longs cordons à pompon.
D'autres robes sont composées d'une multitude de bandes horizontales
multicolores en tulle et jacquard.
La silhouette se raccourcit avec des tailleurs en peau de crocodile argenté
assortis au sac et aux sandales, ou encore avec des petites robes de cuir en
dentelle, et des jupettes en python verni. Des vestes ou top en denim délavé
sont mélangés à d'inattendus Brocart. La griffe puise aussi dans son Adn pour
composer des robes patchwork aux imprimés d'animaux (zèbres, ocelots).
Lié depuis des années d'une profonde amitié à l'artiste turinoise Carol Rama,
Antonio Marras lui rend un vibrant hommage dans une époustouflante collection.
Sorte de Louise Bourgeois italienne, ce peintre d'avant-garde du début du siècle
a séduit, en effet, le styliste sarde pour son irréductible anticonformisme et
sa transgression.
Caftans, robes et manteaux se présentent comme d'intenses tableaux abstraits,
où de grands coups de pinceaux tracent des courbes noires inattendues sur ces
toiles mouvantes au milieu de fleurs imprimées ou brodées en relief dans des
tonalités lumineuses : orange, turquoise, violet. De fines mains blanches
s'allongent sur le col d'une chemise ou forment des dessins surréalistes sur des
habits turquoise.
Des robes à panneaux jouant sur les contrastes (turquoise/bordeaux/orange)
s'alternent avec des vêtements à rayures épaisses (rouge et blanc, bleu et
orange). Les dessins abstraits de certaines robes et jupes sont atténués par un
tulle noir.
Palette neutre illuminée ici et là par le scintillement de matières
chatoyantes, Giorgio Armani concocte une collection très fluide, où les habits
glissent sur la peau se mouvant avec naturel. Le styliste se focalise en
particulier sur le pantalon, pièce maitresse de sa garde-robe pour l'été
prochain.
Endossé avec des chaussures plates et parfois de gros ceinturons, le pantalon
est proposé en version classique dans des tailleurs blanc immaculé, ou à pinces.
Il est aussi décliné avec des fentes latérales pour favoriser le
mouvement.
voir aussi:
robe de soirée courte